Zéro heure quarante, bientôt quinze jours de mer et la voilà! On la devine devant, juste sur l'horizon, c'est une lumière puis deux puis une pâle lueur. Plus aucun doute c'est Florès, l'île des fleurs.

 

Florès

 

Arrivée à Florès

 

   Pour cela on attendra parce que pour l'instant la visibilité est moyenne. Ces quinze jours n'ont pas été de tout repos. Départ de la Manche Est dans la brume et même le brouillard, visibilité parfois nulle mais vent pas trop défavorable qui a permis une sortie assez rapide puis le vent est arrivé assez fort de secteur ouest. Aïe! Il faut faire route sur la Galice puis au bout de quelques jours la brise adonne et on peut faire meilleure route. Ca gîte vraiment beaucoup, ça tape, ça mouille et on fait des économies de nourriture. L'océan est vide, vide sur des centaines de milles.
Que ferait-on s'il fallait évacuer le navire sur notre canot réglementaire fait pour rester sur place, fait pour les paquebots où l'on doit rester groupé et attendre les secours qui ont toujours été prévenus alors que nous si nous pouvions nous déplacer! C'est pourtant ce qu'a fait Bombard: rejoindre un endroit ou une route de navire au lieu de mourir réglementairement.

Enfin, un jour le soleil revient et on peut fêter les anniversaires au champagne sur le pont. Evidemment, l'addition nous est présentée peu après sous la forme d'un vent de nord ouest, force cinq à sept et c'est reparti pour l'inconfort. Enfin tous les moments pénibles vont bientôt pouvoir être oubliés puisqu'elle est là! Par contre, on se souviendra des cavalcades sur le dos des lames, des rencontres avec les baleines, du cachalot qui est passé tout près, à un mètre sous la surface avec cette queue énorme qui le propulse avec puissance.

Pour le moment la route est au près, tout juste sur le milieu de l'île, avec la dérive ça n'ira pas et effectivement il faudra louvoyer d'autant plus que le vent force et refuse. On ne l'aura pas volé ce n'est que vers dix heures que l'ancre tombe au fond du port de Lages.

Mouais, ça n'a pas l'air terrible, on est bien abrité du vent mais la pluie tombe, le plafond est bas, il faut gonfler l'annexe, se mouiller les fesses pour aller à terre. Tiens, la pluie s'arrête! L'agglomération est petite et vite traversée, c'est vrai que l'île est fleurie, que de couleurs au bord des routes!

Le doigt levé on ne reste pas longtemps au bord de la route et puis tout le monde se connaît dans une île de quatre mille habitants, alors si on en connaît un, on les connaît tous! On ne pourra pas rester bien longtemps, hélas, mais la convivialité et la chaleur humaine sont bien là. En quelques jours se tisse un réseau de relations que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Le dieu dollar semble ne pas connaître cette île, alors chut!

La capitale a des airs de petit village avec ses "ports" glissés entre des colonnes de lave et sa balise rouge alors qu'elle devrait être verte mais qu'importe puisque tout le monde le sait et aucun étranger ne se risquerait à s'aventurer entre ces rocs terrifiants.

Port de Santa Cruz

Lac de cratère

L'intérieur est très vert, avec ses lacs de cratère magnifiques. Quelques plages de sable noir invitent à la baignade. Certaines ne sont accessibles qu'à pied. Après une descente vertigineuse au milieu d'une végétation exubérante on arrive dans une crique arrosée par un joli petit ruisseau plus loin une cascade. On imagine un grand voilier, retour des Amériques en train de faire aiguade en ce lieu.

 

Il faut remonter, retourner vers le présent, retourner à bord et quitter ce petit coin de paradis.  

gingembre

Non sans oublier de passer chez Peter!

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